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| Ces
chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin
première" RTBF. Ecouter la chronique du jour sur le blog de "Matin première". # Un livre reprenant des extraits des 1350 chroniques de Stig Dagerman, écrites entre 1944 et 1954, année où il se suicida, a paru en 2002 sous le titre « Billets quotidiens » aux Editions Cent Pages. |
Et donc, aujourd’hui, je
me suis dit : tiens, une pensée pour Stig Dagerman ! J’ai
fait comme lui : quelque chose qui passe. J’ai pensé à
ce gamin, élève du secondaire dans le namurois, dont le
travail de documentation sur les prix Nobel avait été
noté zéro par son professeur parce qu’aucune de
ses sources ne provenait d’Internet. Normal, il n’avait
pas Internet.
Voilà donc un poème sur cette affaire de zéro. Ce sont des vers de mirliton, bien entendu, mais après tout c’est bientôt carnaval et vous ne verrez pas d’inconvénient, je crois, à ce que je tire quelques oranges de mon cabas et des confettis de mon habit. Alors voilà, je vous lis : L’enseignement est obligatoire et gratuit C’est en tout cas ce qu’on nous dit. Mais on l’a appris avant-hier : Dans nos écoles communautaires On a zéro Quand on n’a pas de réseau Aujourd’hui, au cours élémentaire, Il faut avoir Google ou bien Wikipédia Mais des livres, ah non, surtout pas ça ! Et les journaux, on n’en lit pas. Et la radio, on ne l’écoute pas. |
Ce qu’il
nous faut, c’est des écrans. C’est comme ça que le monde est grand. Et si jamais vous n’avez pas d’argent Pour payer la machine ou bien l’abonnement C’est le bonnet d’âne qui vous attend Il ne sera pas dit que les précaires Seront privés de bulletin scolaire. L’enseignement communautaire Peut être primaire ou secondaire Mais il n’est pas égalitaire Nous aurons avancé d’un grand pas Si la prochaine enquête Pisa Nous apprend que deux et deux font trois. Voilà, Serge. Et je m’en vais aller gagner après ça, quelques jours de pause et faire le gilles ailleurs que sur cette antenne. Mais vous savez, s’il est deux choses que l’homme du 21ème siècle a commencé à comprendre, c’est que si le crime ne paie qu’une fois sur deux, le ridicule lui, ne tue pas. Ou alors peu. Allez, bonne journée et puis aussi bonne chance. |
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