Lautresite, le jour, les billets du mois de janvier 2008
   


 
 
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De cette histoire vraie, Arthur Koestler fait l'illustration du dilemme toujours contemporain entre l'efficacité et la morale.
C'est à cette sorte de dilemme, j'imagine, qu'ont été confrontés les Pays-Bas et la Belgique au moment, avant-hier, de donner leur blanc-seing aux Accords de stabilisation et d'association entre la Serbie et l'Union européenne. L'efficacité aurait commandé, devant la menace de voir les prochaines élections présidentielles serbes remportées par l'ultranationaliste et antieuropéen Nikolic d'entériner au plus vite l'ouverture des négociations en vue d'une future adhésion. La morale commandait de les soumettre au respect par Belgrade des accords antérieurs parmi lesquels la livraison au Tribunal pénal de La Haye du général Mladic. Les Pays-Bas et la Belgique ont pris le deuxième parti, celui de la morale, bloquant de ce fait les 25 autres membres qui auraient préféré la logique de l'efficacité.
Il ne doit pas être facile de prendre ce genre de décision. On dira que c'est aller contre le bon sens géopolitique. C'est laisser la part du chat aux Russes. C'est préférer les morts aux vivants. C'est aussi se condamner à jouer les idiots si d'aventure les nationalistes l'emportaient le 3 février prochain. Mais c'est aussi respecter les Serbes comme ils ne l'ont sans doute jamais été car c'est faire le pari de la maturité du peuple contre le repli de la Nation. Ce dilemme-là, comme dirait Koestler, est un conflit quotidien pour chacun. Mais qu'il est réconfortant de voir revenir en politique un peu de notre part de complexité. Ce vieux dilemme, on a l'impression que c'est un nouvel horizon. Allez, bonne journée et puis aussi bonne chance.