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| Ces
chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin
première" RTBF. Ecouter la chronique du jour sur le blog de "Matin première". |
Que l’Etat belge ait été
condamné n’est pas une surprise, bien sûr. Mais que
vous entendiez que ce tribunal soit qualifié de « fictif
» vous étonne. Parce que, tout de même, elles étaient
bien réelles, ces audiences, et les témoignages, vous
les avez quand même bien entendus. Que le jugement rendu soit
indicatif, d’accord, fictif, non. Maintenant, on attendrait qu’il
devienne incitatif aussi. Mais les choses paraissent aller comme d’habitude
et vous avez aussi entendu le ministre de l’Intérieur répéter
que rien ne changera et vous vous demandez si nous n’avons pas
égaré non plus au moins 70% de nos réserves humanitaires
fédérales. Mais enfin, vous saviez dès le départ
que le débat était pipé parce que l’objet
d’un centre n’est pas, comme les portes, d’être
ouvert ou fermé. L’objet d’un centre est d’être
central et vous voyez bien que ces centres, justement, sont toujours
périphériques, que ces centres sont nos banlieues. Et
vous vous posez la question de savoir si l’on peut dire du juste
avec des mots qui mentent.
Et justement, dimanche, vous êtes allé jeter un œil à cette manifestation contre les mots qui ont mal tourné. On avait promis, on a tenu. Pour les mots, on n’a qu’une parole, c’est comme ça. Vous avez ri des slogans, avec la ministre de la Culture tout de même. Et vous avez lu sur un calicot : « Le mot autodafé se révolte, avant ça signifiait un acte de foi, aujourd’hui ça veut dire brûler des livres ». Et puis sur le blog, le bourgmestre d’Havelange vous a laissé un mot, comme quoi sa bibliothèque communale aussi avait été incendiée. Dans la nuit de Noël. On est seulement lundi et déjà l’impression d’avoir vécu toute une vie. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance. |
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