Lautresite, le jour, les billets du mois de janvier 2008
   


 
 
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Dans le sud, on dira plutôt « un tire-Schtroumpf » pour nommer un tire-bouchon auquel les nordistes préféreront un « Schtroumpf-bouchon » et l’on finit par s’étriper pour savoir s’il vaut mieux dire le Petit Chaperon Schtroumpf va porter un pot de schtroumpf à sa Mère-Schtroumpf ou bien le Petit Schtroumpferon Rouge va porter un schtroumpf de beurre à sa Schtroumpf-Grand. Et si vous connaissez la fin de l’histoire, vous aurez remarqué que le salut viendra du sorcier Gargamel, car il n’est rien de tel qu’une menace extérieure, n’est-ce pas pour fédérer ce qui ne l’était pas. De sorte qu’il n’est pas étonnant que l’on se questionne ici pour savoir si l’on dit « BH Schtroumpf » ou bien « Schtroumpf HV » et de se demander quel sorcier viendra à bout de nos évidentes difficultés d’élocution gouvernementale…
Parler schtroumpf, c’est évidemment parler belge. Les métalangages, les périlangages, les paralangages sont une spécialité fédérale. On se souviendra ainsi d’un groupe — Urban Trad — qui faillit remporter l’Eurovision en chantant une langue connue de lui seul. Et l’on se rappellera aussi que dans ces grands événements que furent les marches blanches personne ne parlait, ce qui était une manière sans doute de se faire comprendre de tout le monde. Comme s’il y avait un trop plein de verbe inutile, une surabondance de paroles dispensables devant quoi il vaudrait mieux pratiquer une langue inventée ou bien prononcer un silence pesant.
Et c’est là qu’on se souvient que schtroumpf, en flamand se dit smurf. Et que la vraie question est donc de savoir si l’on dit « BH Schtroumpf » ou « Smurf HV ». Si vous voulez mon avis, ça n’a pas fini de commencer. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.