Lautresite, le jour, les billets du mois de janvier 2008
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Vous allez me dire : on ferait aussi bien de ne pas en parler… Mais il en va de la pipolitisation comme on disait qu’il en allait, avant, de la politique : si vous ne vous occupez pas de pipolitisation, la pipolitisation, de toute façon, s’occupe de vous.
Car voilà, la pipolitisation n’implique pas seulement la mise en exergue et la scénarisation de soi, comme cette simple « pipolisation », si l’on ose dire, que l‘on s’est habitué à croiser tout d’abord dans les pages des journaux à scandales pour la retrouver jusqu’à la Cour des Comptes. Non, la pipolitisation, elle entend soumettre le temps des autres, l’intérêt des autres, le choix des autres à cette fameuse règle du « je ».
La pipolitisation, en effet, ce n’est pas seulement une confusion des genres, c’est aussi une confusion des temps. Dans la pipolitisation, nous sommes tous sommés d’être non seulement au présent mais aussi à la première personne de l’indicatif présent. De sorte que le passé qui appartient aux autres n’est jamais passé et que l’avenir qui est, par définition, du ressort des générations futures n’est pas censé arriver. Il est très pipolitiquement correct de dire aujourd’hui : « je suis », « je pense », « je veux ». Le reste, ce qui serait du ressort de la vie en commun à entreprendre, du passé à comprendre et de l’avenir à entendre est devenu décidément très très incorrect.
Faisons bien attention, cependant : il n’y a pire politisation que celle qu’on ne veut pas entendre. Allez, bonne journée et puis aussi bonne chance.