Lautresite, le jour, les billets du mois de décembre 2007
   


 
 
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Et donc, il y a quelques jours, le vigneron a été contrôlé et arrêté tandis qu’il se rendait chez le viticulteur. Arrêté et incarcéré à quelques dizaines de kilomètres, 130, dans un centre de rétention lyonnais, d’autres côtes, d’autres vins, un autre monde. Et tout à coup, le temps d’aujourd’hui s’est abattu sur les épaules du vieil homme au château.
Quel était donc ce pays dans lequel on ne pouvait plus choisir ses proches ni ses employés ? Car enfin, demande-t-on ses papiers à quelqu’un qu’on transforme en ami ? N’était-ce pas suffisant de lui avoir fait confiance pour le voir maraudé par la maréchaussée ? Alors, l’homme de la vieille France s’est énervé de découvrir une République nouvelle, pleine « de mépris et d’humiliations ». Il ne la connaissait pas celle–là, ou avait fait semblant pendant 73 ans de ne pas la voir.
C’est le journal Libération qui racontait cette histoire ce week-end. Celle d’un notable faisant campagne pour la libération, précisément, de son pote algérien, accompagné par les sœurs de celui-ci, toutes deux voilées et cette photo est l’une des plus étonnantes de l’année qui s’en va. « Droite de cons » dit-il. Car il s’emporte, Michel Millet. Excédé d’avoir dû attendre dehors dans le froid pendant trois quarts d’heure qu’on veuille bien lui ouvrir la porte du centre lyonnais où était détenu son ami. Et d’en avoir été chassé par les gendarmes. Pour avoir re-sonné. Après trois quarts d’heures. Il en a pleuré, l’officier de l’armée française en Algérie. De voir le sort que son pays faisait aux Algériens et à leurs amis.
Les démarches de Michel n’ont servi à rien jusqu’ici et Benali sera probablement expulsé. Nous vivons des temps où les contes de Noël finissent mal, en général. Désormais, il n’y a plus de prochains. Il n’y a plus que de très prochains lointains. Allez, bonne journée et puis aussi bonne chance.