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chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin
première" RTBF. Ecouter la chronique du jour sur le blog de "Matin première". |
Et on ne peut pas s’empêcher
de se demander si nous l’aurions eue, nous, cette sorte d’abnégation,
d’affronter la froidure pour nous assurer de la bonne éducation
de nos rejetons ? Nous nous réjouissons de ne pas être
aujourd’hui dans le cas, à vrai dire. Car nous connaissons
des gens qui le sont et qui n’ont pu faire autre chose que prendre
leur tour dans la file car contrairement à ce que disait Boris
Vian, ce n’est pas le lampiste qui est le vrai coupable, c’est
le type qui installe la première tente parce qu’il croit
à la sélection naturelle, c’est le décret
qui a laissé en blanc l’article qui indiquait qu’une
couverture serait désormais nécessaire pour aller à
l’école, c’est tout le monde qui croit qu’il
y a des écoles ghettos et des écoles gâteaux.
Car ces files qui se forment sur les trottoirs des écoles viennent nous rappeler aussi que le savoir est une marchandise rare. Le décret l’avait compris, qui voulait en faciliter l’accès. Mais ce décret a fini par libéraliser l’égalité et n’a pas vu que le marché était plus fort que l’égalité. Mais nous, on a vu qu’il y a des gens qui paient d’autres gens pour les remplacer dans la file, j’ai calculé hier, une famille a déboursé pas loin de 5000€ pour inscrire son enfant. A ce prix-là, le gamin, il a intérêt à être bon en calcul. Mais si vous voulez mon avis, c’est à nous tous, que cela coûte, ces 5000€ là. Alors, quand d’autres veulent imaginer Sisyphe heureux, moi j’essaie d’imaginer une école sans file devant. Et je me demande ce que je penserais exactement, ce matin, si j’étais directeur d’une école sans file devant. Allez bonne journée et puis aussi bonne chance ? |
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