Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2007
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Alors, on s’est dit que tout cela devait être une fable. On ne pouvait pas en penser autre chose. Et que si cette fable avait un titre, ce serait peut-être bien « l’axe du mal et la dictature du bien».
D’un côté, il y aurait donc « l’axe du mal » contre qui le combat autorise que l’on s’exonère de l’état de droit, voyez par exemple ces vols de la CIA, ces gens embarqués secrètement, débarqués discrètement, transportés sans papiers ni jugement. Et puis, de l’autre côté, il y aurait « la dictature du bien » pour qui l’on se sépare tout autant du droit, le dernier exemple en date étant précisément cet autre vol — comment sont les mots tout de même… — où 103 vrais-faux orphelins auraient dû être embarqués discrètement, transportés sans papiers ni visas, dirons-nous escamotés… Mais tout cela au nom d’une sorte d’exemplarité et d’universalité du bien qui ne supporte ni ne suppose aucune contrepartie.
On se demande alors si le combat contre l’axe du mal et la création d’une dictature du bien n’iraient pas, par hasard, main dans la main et n’auraient pas partie liée car enfin, ils prétendent tous deux savoir où se niche le bien-être de l’humanité et sont prêts ensemble à faire son bonheur, fût-ce malgré elle.
Evidemment, le combat contre l’axe du mal et la construction d’une dictature du bien sont le contraire de ce qu’on appelle ordinairement le politique qui consiste, on le sait trop peu ces temps-ci, à faire le pari de l’altérité.
Peut-on vivre dans un monde qui serait divisé entre ceux qui nous veulent du mal et ceux à qui nous devons faire du bien ? Car où sont les hommes, exactement, là-dedans ? C’était ma question du jour, chers auditeurs postmodernes et postbelges ? Allez, bonne journée et puis aussi bonne chance.