Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2007
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Peu à peu, notre sentiment de perplexité s’est transformé en attirance pour la complexité. Ces « compromis à la belge », ce n’était pas autre chose finalement qu’une école, une université populaire, un cours permanent sur le « comment vivre ensemble » où il était permis de penser deux choses en même temps. Un truc formidable, plein de surprises et d’espoir. Désormais, vois-tu, la façon dont nous allons aller vers les autres est redevenue binaire, manichéenne, hémiplégique… Il va nous manquer quelque chose. A tout le moins, nous allons boiter, mon cher. »
J’écrivais cela avant-hier avec le sentiment d’une amputation, certains parlent aujourd’hui d’une manipulation : il y aurait du compromis dans le compromis, un vrai truc postbelge, quoi. Et c’est vrai qu’il y a un Etat qui a disparu dans cette salle européenne du Parlement, avant-hier. Et ce qui a disparu, c’est un état d’esprit.
En choisissant le peuple contre la population et la majorité contre la diversité, nous nous sommes rendu semblables aux autres. Les Français, justement, comprendront désormais beaucoup mieux comment fonctionne la Belgique. La Belgique ? Un pays simplifié où la majorité est majoritaire et qui a enfin compris que la complexité était le principal problème institutionnel. Un pays comme les autres. Enfin !
On a souvent dit que l’identité des Belges était de n’en avoir pas, ce qui en était une. Désormais, nous courons le risque d’avoir l’identité de tout le monde, c’est-à-dire aucune. Chers auditeurs postmodernes et postbelges, je vous souhaite la bonne journée et puis surtout bonne chance.