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chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin
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Cet homme n’a pas seulement
fouillé sa mémoire pour me parler, il a fouillé
l’histoire pour y trouver de la mémoire, c’est encore
autre chose. Et ce qu’il a trouvé, c’est un camp
oublié, à quelques kilomètres de la frontière
belge, le camp des Mazures, au pied de la botte de Givet, tout proche
de Revin. Ce camp fut construit par des juifs anversois raflés
en 1942 et vous voyez maintenant pourquoi je vous en parle. Ces juifs-là,
ils étaient 288, construiront eux-mêmes leur Judenlager
avant d’être envoyés à Auschwitz. Ce camp,
après, servira à d’autres.
Parmi ces prisonniers des Mazures, une vingtaine parviendront à s’échapper. La plupart seront aidés et sauvés par un résistant français, un Ardennais cabochard du nom d’Emile Fontaine. Avec sa compagne et la mère de celle-ci, il créera ce qu’on nomme du beau mot de « refuge ». Et voyez comme les choses vont et comment elles se parlent, tandis que Bart De Wever nous bassinait la semaine dernière avec « ces décisions délicates prises dans des circonstances difficiles » —il parlait là du rôle des autorités anversoises dans la déportation des juifs —, Emile Fontaine, Camille et Annette Pierron, reconnus comme Justes parmi les Nations, seront honorés le 3 décembre prochain à l’Assemblée nationale française. Le résistant Emile Fontaine a fini abattu par la Gestapo en 1944. C’est quelqu’un dont on peut dire qu’il n’a jamais été « docile » et qui est mort d’avoir pris une décision délicate dans des circonstances difficiles. C’est étonnant, non, de raconter cette histoire le jour où l’on votera peut-être, où l’on ne votera peut-être pas la scission de BHV. Hé bien, je vais vous dire. Non, ce n’est pas étonnant. Et oui, je l’ai fait exprès. Allez bonne journée et puis aussi bonne chance. |
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