Lautresite, le jour, les billets du mois d'octobre 2007
   


 
 
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Il est décidément beaucoup question, ces temps-ci, des familles, des filiations, des regroupements familiaux, de qui est le fils de qui, de qui est le père de quoi. On a besoin, dans nos temps postmodernes de savoir toujours d’où viennent les vivants et de quelle façon ils sont liés entre eux. De temps en temps, c’est de l’ADN, de temps en temps, c’est de la naturalisation. Il y eut un temps où Dieu était mort et où les familles étaient haïssables. Mais l’on voit bien aujourd’hui que l’on recompose tout, à commencer par les familles.
Je dois vous confesser que je n’aime pas trop le mot de naturalisation, cela me rappelle trop les belettes et les petits lapins, ce que les taxidermistes en effet « naturalisent » pour leur rendre un aspect vivant. La naturalisation a un synonyme que l’on n’emploie jamais ou rarement et ce terme c’est nationalisation. Mais la nationalisation n’est appliquée qu’aux produits et aux entreprises, jamais aux hommes.
Pourtant, on aurait pu penser, et beaucoup l’ont fait, que la naturalisation de Johnny était plutôt une nationalisation. On a jamais levé, on ne lèvera donc pas, l’hypothèque financière des raisons de cette demande. De sorte que l’on ne saura jamais qui, de Johnny l’entreprise ou de Johnny le fils voulait devenir belge. Un bouclier fiscal a changé tout cela. Un bouclier éteint la contradiction et met un terme à la confusion. « Nicolas est au courant » a dit Johnny, faisant part de sa volonté de rester français. C’est curieux, cette façon de s’exprimer. Ça renverse ce que disait Johnny de son père, il aurait pu dire : « Je me suis demandé ce qu’avait fait, après tout, Nicolas pour moi, j’ai eu le temps de réfléchir ». On voit par là qu’une libéralité fiscale peut mener à une renationalisation. Je vous le dis, soyons résolument postmodernes. Allez, bonne journée et puis aussi bonne chance.