Lautresite, le jour, les billets du mois d'octobre 2007
   


 
 

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En ce jour du jeudi 25 octobre 2007,
Troisième épisode de nos vertus cardinales d’hommes postmodernes : après la faculté d’évitement, après la concurrence mimétique, voici la confusion des genres. Ainsi apprenions-nous mardi que Johnny Hallyday renonçait à devenir belge. Pour l’expliquer il a eu cette phrase : « Je me suis demandé ce qu’avait fait, après tout, mon père pour moi, j’ai eu le temps de réfléchir ».
En disant cela, en liant la figure de son père à sa demande de naturalisation, Johnny n’a pas tort. Il est même en plein dans le mille. Le mot le dit bien : est naturel ce qui est donné par naissance. Le naturel est inné là où la naturalisation s’acquiert.
Et si naturaliser, c’est revenir à la nature, c’est aussi la réinventer. Demander sa naturalisation, c’est souhaiter rejoindre, c’est vouloir ressembler. C’est adopter la nature de l’autre. C’est aussi une nouvelle naissance. En acquérant la nationalité belge, Johnny aurait été un fils qui avait décidé de reconnaître son père. Ou si l’on veut, d’enfant légitime mais abandonné par son géniteur, Johnny serait devenu enfant naturel mais reconnu par une patrie, là où vivent les pères. (...)