Lautresite, le jour, les billets du mois d'octobre 2007
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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C’est beau l’hélice de l’ADN, d’abord c’est élégant et ensuite c’est utile. Nous devons tous et devrons plus encore demain à la génétique, à l’étude de nos gènes, à cette sorte de mémoire de l’avenir que nous détenons dans nos cellules. Mais on s’aperçoit que l’ADN, ça peut être aussi, pardonnez-moi, mais c’est de saison, que ça peut être « dégueulasse ».
Il se passe décidément quelque chose entre l’ADN et les Africains, ces temps-ci. Il y a d’abord ce débat français dont je vous ai parlé l’autre jour. Et puis maintenant, cette histoire d’infériorité. Dans les deux cas, l’Afrique est en première ligne. Voudrait-on nous dire quelque chose ? Il y a ainsi, de temps en temps des retours sur le passé que nous ne comprenons pas immédiatement. Il y a quelques jours, je vous parlais aussi du discours écrit par Henri Guaino pour le président français, à Dakar, en juillet dernier. Ce discours que Bernard-Henri Lévy avait traité de « dégueulasse », précisément, et de raciste et où il était dit, notamment, à côté de choses moins questionnables, que « le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire » et que sa chance était dans un métissage que la colonisation, par exemple et malgré ses crimes et ses erreurs, avait contribué à lui apporter.
Vous ne trouvez pas que ça fait beaucoup de questions de gènes, tout cela pour les Africains ? En gros, les Noirs, ces êtres inférieurs, qu’on leur donne un peu de nos gènes progressistes et postmodernes et l’affaire sera réglée. Et nous savons pour cela que nous pouvons désormais compter sur James Watson.
Au fait, il faudrait peut-être s’inquiéter de qui avait fini deuxième au prix Nobel de 1962, des fois qu’on le disqualifierait, l’élémentaire Docteur Watson. Ce sont des choses qui se font, de nos jours…Allez, bonne journée et puis aussi bonne chance.