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Il y a eu un abus énorme
des droits de l'Homme à cette époque", a dit
le patriarche de la famille, Wolf-Thilo von Trotha. On va dire : c’est
bien joli, c’est généreux, courageux peut-être.
Mais cette repentance, avouez, elle a un côté terriblement
auto-nettoyant. Parce qu’en matière d’abus de droits
de l’homme, c’est peu dire.
Cette répression des Héréro fut en effet la première fois où furent prononcés les mots « camps de concentration ». Oh, ils existaient déjà, les Espagnols créèrent les premiers à Cuba 20 ans plus tôt. Mais ils n’avaient jamais été nommés. Et puis aussi, ce fut la première fois que l’on vit du fil barbelé entourer ces camps. La première fois que l’on mit des hommes au travail forcé pour en mourir. L’Empire allemand le voulait ainsi. De sorte que l’on dit aujourd’hui que ce massacre fut le premier génocide du 20è siècle. Et qu’il eut, comment va-t-on s’exprimer, des conséquences sur le siècle naissant. L’expérience inspira le « Mein Kampf » d’Hitler. Des scientifiques y théorisèrent l’infériorité des races. Le propre père d’Herman Goering y fut Commissaire impérial. Le fils, trente ans plus tard, ouvrit le premier camp de concentration allemand… Cela fait une généalogie qui oblige, tout de même. On rêverait alors d’un Etat, d’une famille, de descendants qui diraient : « Je ne peux pas vous promettre, en toute conscience, qu’il n’y aura « plus jamais ça ». Mais ce que je peux vous jurer, c’est que ce ne sera « plus jamais moi ». Ce ne serait pas de la repentance mais une façon de faire se rejoindre le passé et le futur. On pourrait peut-être enfin appeler cela de la mémoire. Allez, bonne journée et puis bonne chance. |
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