Lautresite, le jour, les billets du mois d'octobre 2007
   


 
 
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Mais voilà, c'est comme s'il nous était impossible de prononcer ces mots ensemble : « crime raciste » et qu'il nous fallait convoquer pour les comprendre une justification qui tiendrait non pas à un contexte social ou politique ou familial ou que sais-je, mais tout simplement à une pathologie comportementale. Je passe ici, sur les familles d'enfants autistes qui ont entendu ce diagnostic laissant penser que sous leur souffrance se dissimule le mal absolu n'attendant qu'une occasion pour surgir et qu'un autiste, après tout, c'est un fou, qu'un fou ça s'interne et qu'un procès ça se clôture. Il aurait fallu en parler à Sandrine Bonnaire dont le film sur sa sœur autiste internée vient de croiser le procès d'Hans Van Themsche.
Et je me suis demandé si en appeler, pour psychiatriser la question, « à la pulsion impérieuse » ou « à la force irrépressible », ce n'était pas dire que ce crime contre les étrangers était lui-même d'origine exogène. Je veux dire : comme si ce qui vous avait fait agir, c'était quelque chose qui n'était pas de vous, qui ne vous appartenait pas. Quelque chose, à proprement parler, d'étranger à vous-même. De sorte que quand l'on tue un étranger, c'est comme si on tuait deux étrangetés. De sorte aussi que tuer un étranger vous rendrait victime plutôt que coupable. Car c'est l'étranger en vous qui a tué l'étranger devant vous. Le racisme, à ce compte-là, ne serait jamais qu'un mécanisme de défense.
On peut avoir tout le respect qu'on peut pour des avocats de la défense qui ont leur mécanisme. Mais on leur dira simplement que si un individu peut naître autiste, une société ne doit pas le devenir. Allez bonne journée et puis aussi bonne chance.