Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2007
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

Vous pouvez aussi laisser un message sur le tout nouveau blog de "la première"


Ecouter la chronique du jour.

Karina De Wever habite, dans l’entité de Tintigny, le petit village de Poncelle, toute petite chose gaumaise, toute verte, un passé celtique, un lavoir, un moulin, deux centaines d’habitants et une communauté d’Anversois venus là comme ailleurs pour un retour à la nature. Karina De Wever qui était sans emploi à Boom l’est tout autant à Poncelle. Elle y a donc fait transférer son dossier comme le ferait n’importe quel Espagnol ou Suédois venant s’installer dans un autre pays de l’espace européen et y recouvrant naturellement ses droits sociaux. Elle l’a fait d’autant plus facilement que Karina De Wever n’est pas espagnole ou suédoise mais belge, que les allocations n’ont pas besoin de passeport pour passer ce qui n’est pas une frontière et qu’il n’existe pas encore de délit de sale gueule de l’emploi.
Le scandale n’est donc pas qu’une Belge en Belgique ait les droits d’une Belge, l’étonnement c’est que l’on puisse s’en étonner. Il était donc parfaitement inutile pour De Wever frère de traiter de « vautours » les journalistes qui s’apprêtaient à publier cette information. Parce que l’on voudrait bien savoir ce qui lui était honteux dans cette affaire ? Que sa sœur soit installée en Wallonie ? Qu’elle soit affiliée à la FGTB ? Qu’elle soit au chômage ? Ou qu’elle vive en communauté ? Il n’y a rien là, que l’on sache qui soit une maladie honteuse. Mais comme on a commencé avec un Delafontaine, on va en terminer avec un autre : « J’en sais beaucoup de par le monde à qui ceci conviendrait bien : De loin, c’est quelque chose. Et de près, ce n’est rien ». Allez, bonne journée Sophie et puis bonne chance.
La citation de Jean de La Fontaine est issue de la fable « Le chameau et les bâtons flottants », livre IV, fable 10