Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2007
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Ils l’étaient depuis leur naissance. Par leur père, belge, par leur mère, chinoise devenue belge par mariage. Mais on peut, à un moment de sa vie rentrer dans une machine, dirons-nous une machinerie, qui nous dépasse et nous avale.
Et donc, toute analyse bureaucratique ayant été faite, Belges les jumeaux ne le sont plus puisqu’ils l’avaient toujours été et que la preuve qu’ils puissent l’être serait qu’ils le deviennent. Si vous n’avez pas tout compris, moi non plus, mais en langage de l’Office des Belges, qui est une langue incompréhensible, un jargon, un sabir, un salmigondis : cela signifie qu’ils sont désormais apatrides. Qu’ils n’ont plus, donc, de nationalité. Ce qui à certains égards peut être une libération. Mais qui en d’autres occasions ne facilite pas votre mobilité.
Apatrides, cela veut dire aussi qu’ils pourront demain, s’ils le veulent, frapper à la porte de l’Office des étrangers. Ils y rencontreront peut-être le papa de la petite Angelica qui n’est pas belge lui, mais dont l’enfant l’est. Ils auront l’occasion d’échanger leurs avis sur ce qui fait l’état de nature et l’état de nation. Cela pourrait être passionnant.
Je leur propose un sujet de discussion. Au hasard, la Belgique. Et une question : et si ce pays qui ne sait pas s’il est ou non en voie de disparition commençait par cela justement, par faire disparaître ses citoyens ? Allez bonne journée Sophie et puis bonne chance.