Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2007
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Cet extrait-ci, publié hier dans la presse française, date de novembre 2006. « J’en ai marre, marre des Farc, marre des gens, marre de cette vie en communauté. Marre de ne rien avoir à moi toute seule. Tout ça vaudrait la peine si on savait pourquoi on lutte. Mais vraiment, je n’y crois plus. C’est quoi cette organisation où certains ont du fric, des cigarettes, des gâteaux, et où les autres doivent mendier, pour être rejetés et réprimandés ? Une organisation où une fille avec de gros seins et une jolie tête peut déstabiliser un plan qui avait été longuement préparé ensemble. Où on doit travailler toute la journée pendant que les commandants se racontent des conneries. Moi, qui sait si je sortirai un jour de cette jungle… […] Je veux m’en aller, quitter au moins cette unité. Chacun sait qu’il est ici plus ou moins comme un prisonnier. »
Il y a ce terme, prisonnier, évidemment. Qui vient comme un miroir à un autre mot, otage, qui qualifie Ingrid Betancourt et les autres. Les Farc, ce serait donc des prisonniers détenant des otages ? Des aveugles des paralytiques ? L’hôpital, la charité ? On savait les Farc imperméables et délirantes, on sait maintenant qu’elles sont aussi odieuses.
Avant de partir, Eillen disait que « ce n’est pas parce qu’on pense ne rien pouvoir changer qu’on ne doit rien faire ». Comme on en veut au monde entier quand il n’est plus possible de chercher un monde meilleur sans s’engager du côté des salauds. Bonne journée Sophie et puis bonne chance.