Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2007
   


 
 

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En ce jour du lundi 17 septembre 2007,
Il n’y a plus un jour qui ne soit une commémoration, Sophie. Et il n’est pas douteux que ce lundi 17 septembre soit déjà un anniversaire dont l’occurrence est encore à venir. Oui, dans dix ans ou dans cent ans, nous célébrerons sans doute ce lundi 17 septembre parce qu’il est tout à fait sûr, n’est-ce pas, que quelque part sur la planète, il se passera bien quelque chose aujourd’hui qui vaille de s’en souvenir ensemble demain, c’est-à-dire de le commémorer. C’est un exercice dans lequel nous excellons, les commémorations.
S’il y a des choses que les hommes savent faire, c’est détruire, d’une part. Et puis commémorer, d’autre part. On commémore d’ailleurs souvent ce que l’on a détruit. Tenez, hier, nous commémorions le 63e anniversaire de la libération du fort de Breendonk. 3500 à y être passé, la moitié à s’en être sorti. Mais comme notre mémoire est partageuse et pas regardante, le dimanche d’avant, nous étions toujours à Breendonk mais c’était pour aller y inaugurer un buste, celui du bourgmestre Moortgat, qui fut en poste durant la guerre, qui eut ce fort devant les yeux et pour les Allemands des faiblesses coupables. La commémoration est éclectique, voyez-vous. Et puis elle a le caractère facile. Elle boit des coups avec qui veut bien lui payer sa bière. (...)