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chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin
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Vous trouvez que ce que je viens
de dire est oiseux, Sophie ? Odieux, même peut-être ? Que
ce rapprochement n’a pas lieu d’être ? Mais je vous
le jure, ce n’est pas moi qui ai fait lire la lettre de Guy Môquet
dans les vestiaires de l’équipe de France de rugby. C’est
Bernard Laporte, le sélectionneur. Que voulait-il dire, l’entraîneur,
en proclamant les mots d’un jeune résistant communiste
fusillé par les nazis dont la lettre sera lue, à l’invitation
du Président Sarkozy, dans toutes les écoles de France,
le 22 octobre prochain ? Que voulait-il dire ? Que le sport c’est
la guerre ? Que l’équipe de France figure la résistance
et les visiteurs l’armée d’occupation ? Que voulait-il
dire ?
Pauvre Guy Môquet, 17 ans seulement et tu avais juste envie d’embrasser les filles, et te voilà trahi une nouvelle fois. La première fois, c’était par le Parti communiste qui a pieusement oublié que tu avais été arrêté à un moment, en 1940, où l’Union soviétique et l’Allemagne ne se voulaient aucun mal et qui a fait de toi le héros d’une résistance qu’il refusait. Et la deuxième, c’est maintenant, dans un vestiaire, par un sélectionneur affairiste et bientôt ministre. N’aie crainte. Il y en aura d’autres. Aurais-tu écrit des mots durs, des mots comme un autre jeune homme de 17 ans, aurais-tu appelé aux dérèglements de tous le sens, aurais-tu dit que la vraie vie était ailleurs, on t’aurait fichu la paix, Guy Môquet. Alors jeunes gens soyez implacables. Ne laissez pas les faiseurs d’histoire vous manger sur la tête. S’il vous revient un jour d’écrire des mots qui pourraient compter, soyez durs, soyez impitoyables. Bonne journée Sophie et bonne chance. |
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