| |
||||
| Ces
chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin
première" RTBF. Ecouter la chronique du jour. |
Oh, on a déjà tout
dit de ces élevages en batterie : ces petites cages où
l’on enferme les volailles par cinq, dans un espace exigu, un
peu plus grand qu’un set de table, pas question d’y remuer
les ailes, d’y bouger à peine, éclairé et
chauffé en permanence, où les médicaments passent
sur tapis roulants et où les pondeuses sont débecquées,
c’est-à-dire qu’on leur coupe le bout du bec pour
éviter que dans ces espaces confinés on ne s’entretue
plutôt que l’on ne contribue à nourrir la planète.
Alfred Kastler écrivit un jour, il était déjà prix Nobel, c’était en 1981, un livre qui est resté indépassable sur le sujet, « Le Grand massacre », où il avait tout dit. Les estomacs en avaient été plus remués que les consciences et ce n’est qu’en 2012 que ces cages seront si l’on ose dire humanisées, elle seront plus grandes, un peu, plus hautes aussi, il y aura des perchoirs et puis aussi des sachets de poussière pour s’ébattre : l’Union européenne en a décidé ainsi, l’on attend donc que s’élargisse l’espace à défaut que s’ouvrent les esprits. Cette histoire d’œufs pourrait bien fournir matière à une fable sur les mérites comparés de la liberté et de l’enfermement dans nos sociétés postmodernes. Vous pensez bien, le Charybde du PCB et le Scylla de la poule débecquée ! C’est à cela que se rend l’homme contemporain, courant le matin entre la douche et la voiture, hésitant entre une chemise et un pull, enfin, s’activant comme il peut à ses affaires matutinales. Et puis, il apprend que ces histoires de PCB, ce n’était pas si grave que ça. La fédération wallonne de l’agriculture minimise les risques, elle dit : il faut voir, elle dit : on ne sait pas. Ouf, dit l’homme contemporain ! Et il reprend une part de corn flakes. Allez, bonne journée, Sophie, et bonne chance. |
|||