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chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin
première" RTBF. Ecouter la chronique du jour. |
Devant ces salves que tirent nos
voisins français, l’on se demande si c’est nous qui
ne voyons pas ce qui se déroule sous nos yeux — quand l’histoire
passe, elle ne défile pas avec la musique, elle fait un petit
bruit discret, il est difficile de bien l’entendre — ou
bien si nos voisins ont l’oreille plus aiguisée que nous
et qu’il nous faille, toutes affaires cessantes, nous rallier
à la pression médiatique hexagonale et en conclure que
la fin du régime ayant été déjà rédigée,
il nous reste à écrire sans attendre le mot « fin
» en dessous de la Brabançonne qui, vous le savez comme
moi, a été écrite par un Français.
C’est drôle, mais je lisais récemment le très beau livre du Polonais Andrzej Stasiuk ; ça s’appelle « Sur la route de Babadag », c’est une espèce de road-movie dans les pays de l’Est d’après la chute du Mur et j’y ai trouvé ceci qui répond mieux à l’enthousiasme français que je pourrais le faire : « Les petits pays, dit-il, devraient être dispensés de leçons d’histoire. Ils devraient flotter, tels des îles, quelque part en bordure du cours des événements. On devrait protéger les petits pays comme on protège l’enfance. » Vous ne trouvez pas qu’elle est belle, cette phrase : « On devrait protéger les petits pays comme on protège l’enfance » ? C’est tellement beau qu’on en est à se demander s’il existe quelque part un Child Focus à qui signaler les petits pays qui disparaissent. Allez, bonne journée, Sophie et puis bonne chance. |
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