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chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin
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Pour vous qui avanciez dans le
monde comme un aventurier, qu’il était bon et doux de croiser
de temps en temps un marronnier au pied duquel il était loisible
de déposer votre fardeau. Ah, un marronnier, ça vous prouvait
que les aiguilles avaient une montre. Ça vous donnait l’impression
de pouvoir enfin faire le rêve parfait d’un monde tout rond
où les gens iraient mourir dans les cimetières. Car rien
ne se passait, l’été. L’urgence était
congédiée. L’actualité reportée aux
calendes. Rien ne se passait. Sauf, évidemment les accidents
et les drames des vacances. C’est même comme ça qu’on
s’en rappelait, qu’on était en vacances. Mais voilà,
je vous le disais, les marronniers ne poussent plus en été.
Les marronniers, ça existait du temps où il n’y
avait que des carrefours. Maintenant qu’on a des ronds-points,
c’est moins aisé pour les marronniers : les priorités
ont changé et de temps en temps on croise un conducteur fantôme.
Si bien que nos étés, désormais, se déroulent
comme le reste. Pendant les vacances, l’actualité continue.
Pour se reposer du chaos planétaire, il nous faudra désormais
attendre la trêve des confiseurs. Mais qui, dans ce monde, je
vous le demande, nous apporte encore des bonbons ? Ah, qu’il était
délicieux, Sophie, le temps où il y avait un temps pour
tout. « Un temps pour chercher et un temps pour perdre, un
temps pour garder et un temps pour jeter, un temps pour déchirer
et un temps pour coudre. Un temps pour parler et un temps pour se taire».
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