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Si l’Europe est sauvée
c’est grâce à Merkel disent les Allemands, c’est
grâce à Sarkozy affirment les Français, non c’est
grâce à Verhofstadt nuancent les Belges et non, c’est
à cause de Blair s’excusent les Anglais. Et déjà
rien que cette cacophonie dans la distribution des lauriers aurait dû
nous alerter. « Cela fait de nombreuses années que je n'ai
pas observé avec une telle douloureuse clarté l'existence
de deux Europes : l'une, majoritaire, qui a le désir d'avancer,
l'autre, celle de ceux qui se fixent pour objectif politique national
de réduire le rôle de l'Union", c’est ce qu’a
confié Romano Prodi, à son retour de Rome. Guy Verhofstadt
ne dit pas autre chose, lui qui comme Tony Blair participait à
son dernier sommet, mais qui à l’inverse de son homologue
anglais conserve la foi du charbonnier. Il n’est donc pas très
sûr que l’Europe soit sauvée mais il est déjà
plus certain que les Etats nations se soient débarrassé
de l’idée fédérale. Quelqu’un qui aurait
pu nous expliquer cela, l’un des meilleurs pédagogues de
l’Europe, le politologue Paul Magnette, n’était pas
au sommet de Bruxelles mais sur les terrils de Charleroi d’où
il tente de régler d’autres convulsions politiques.
En se penchant un peu, peut-être qu’il pourrait apercevoir les plaines de Fleurus : c’est là qu’il y a 214 ans allait se dérouler une bataille entre les Français révolutionnaires et les Autrichiens impériaux. C’était comme ça qu’à l’époque, on réglait le sort de l’Europe. Et il n’y avait jamais aucun doute sur le nom du vainqueur. Un observateur attentif aurait cependant pu noter que les champs de Fleurus étaient jonchés de cadavres. Aurait-il ajouté que c’était ridicule ? |
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