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En ce jour du lundi 25
juin 2007, Jean-Claude Juncker est l’homme qui avait
dit un jour, au sortir d’une de ces réunions dont le rond-point
Schuman a le secret : « Si le ridicule tuait, les rues de
Bruxelles seraient jonchées de cadavres ». Il est
toujours intéressant d’écouter Jean-Claude Juncker.
Il est le Premier ministre d’un tout petit pays qui parle trois
langues plus le portugais et c’est bien sûr le Luxembourg.
Jean-Claude Juncker fait partie d’une race en voie de disparition,
celle des hommes politiques européens convaincus. Aussi bien,
quant au sortir du sommet de Bruxelles, ce dernier week-end, il dit
: « Le traité constitutionnel était un traité
aisément compréhensible, ceci est un traité simplifié
qui est très compliqué », on tend l’oreille.
Et l’on se demande si l’on a bien compris ce qui s’est
passé au siège de la Commission européenne. On
a bien vu que la Constitution était morte. Qu’il y aurait
un président mais pas de ministre des Affaires étrangères.
Que les sujets qui fâchent sont restés enfermés
dans les anciens traités. Que la règle de la double majorité
sera progressive et ambiguë. Que les parlements nationaux reprennent
du pouvoir. Que les députés européens en gagnent
un peu. Qu’il y aura moins de commissaires européens. On
a vu tout ça. Et les journaux ont pu titrer que l’Europe
était tirée d’affaire. Mais l’on se dit que
ce que l’on a surtout vu, c’était la concurrence
des Etats au moment d’accomplir le geste salvateur. (...)
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