Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2007
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Elle arriva donc tout à trac, la nouvelle. Fabius et Mélenchon étaient en studio et devant eux venait de parler, sans qu’ils l’écoutent, le traître Besson. Eric Besson, vous imaginez, l’homme qui fut le premier à quitter Ségolène. L’homme qui démissionna en rase campagne et qui rallia Sarkozy dont il devint ministre d’ouverture. Mais l’homme Besson avait beau s’égosiller sur la TVA sociale, Fabius et Mélenchon s’en fichaient comme de colin-tampon. Et puis voilà qu’Elise Lucet dit à peu près ceci : « Voilà une information qui intéressera le parti socialiste : Ségolène Royal annonce sa séparation d’avec François Hollande ». Et nos deux compères de renvoyer aussitôt la balle dans la sphère privée. Mélenchon qui n’est pas non plus le meilleur supporter de l’ex candidate disant même dans un souffle quelque chose comme : « On compatit car il n’y a pas de divorce heureux ». Et c’était drôle qu’il dise cela par que bien entendu François et Ségolène n’étaient pas mariés et, quitte à en revenir à des sujets qui fâchent, c’était même là qu’on avait le mieux vu les mânes de mai 68 dans la campagne présidentielle : qu’elle envoie à l’Elysée une femme vivant en concubinage ou un homme divorcé à la famille recomposée. Toujours est-il que nous étions, nous autres qui étions venus pour des résultats électoraux, témoins délégués d’une séparation, assesseurs assermentés d’une désintégration. Et il nous vint à l’esprit que cette campagne qui avait démarré par la promesse d’une rupture se terminait par une vraie, pour le coup. Et qu’un processus électoral dans lequel il était bien difficile de n’avoir pas vu un feuilleton, une série ou une sitcom se clôturait d’une façon people. Pipaul, comme disent les Français. Alors, avouez Sophie, qu’il m’était compliqué de ne pas y sacrifier aussi. C’était, pardonnez-moi, la chronique de Pipaul Hermant.