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Elle arriva donc tout à
trac, la nouvelle. Fabius et Mélenchon étaient en studio
et devant eux venait de parler, sans qu’ils l’écoutent,
le traître Besson. Eric Besson, vous imaginez, l’homme qui
fut le premier à quitter Ségolène. L’homme
qui démissionna en rase campagne et qui rallia Sarkozy dont il
devint ministre d’ouverture. Mais l’homme Besson avait beau
s’égosiller sur la TVA sociale, Fabius et Mélenchon
s’en fichaient comme de colin-tampon. Et puis voilà qu’Elise
Lucet dit à peu près ceci : « Voilà une information
qui intéressera le parti socialiste : Ségolène
Royal annonce sa séparation d’avec François Hollande
». Et nos deux compères de renvoyer aussitôt la balle
dans la sphère privée. Mélenchon qui n’est
pas non plus le meilleur supporter de l’ex candidate disant même
dans un souffle quelque chose comme : « On compatit car il n’y
a pas de divorce heureux ». Et c’était drôle
qu’il dise cela par que bien entendu François et Ségolène
n’étaient pas mariés et, quitte à en revenir
à des sujets qui fâchent, c’était même
là qu’on avait le mieux vu les mânes de mai 68 dans
la campagne présidentielle : qu’elle envoie à l’Elysée
une femme vivant en concubinage ou un homme divorcé à
la famille recomposée. Toujours est-il que nous étions,
nous autres qui étions venus pour des résultats électoraux,
témoins délégués d’une séparation,
assesseurs assermentés d’une désintégration.
Et il nous vint à l’esprit que cette campagne qui avait
démarré par la promesse d’une rupture se terminait
par une vraie, pour le coup. Et qu’un processus électoral
dans lequel il était bien difficile de n’avoir pas vu un
feuilleton, une série ou une sitcom se clôturait d’une
façon people. Pipaul, comme disent les Français. Alors,
avouez Sophie, qu’il m’était compliqué de
ne pas y sacrifier aussi. C’était, pardonnez-moi, la chronique
de Pipaul Hermant.
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