Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2007
   


 
 

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En ce jour du mardi 19 juin 2007,
En regardant l’écran de la télévision française, dimanche soir, on fut surpris par une image absente : celle de la séparation de Ségolène et François. On a dans la tête des images de réconciliation. On se souvient de François Mitterrand et Helmut Kohl se tenant la main à Verdun, on se souvient de Yasser Arafat et de Yitshak Rabin se serrant la main à la Maison Blanche, on se souvient même de Martin McGuinness et de Ian Paisley, plus récemment, côte à côte à Belfast, aux visages presque hilares, même si là on ne se rappelle pas bien des mains. On ne pense pas qu’on les ait vues, les mains. Mais enfin, pour les gens qui se réconcilient, on a une image dont on fait mémoire. Pour les gens qui se quittent, en revanche, on n’a jamais d’image. On ne se rappelle pas avoir vu Diana divorcer d’avec Charles et personne n’a vu les Beatles se séparer. Pour les gens qui se quittent, on montre non pas une mais deux images. On a elle d’un côté et lui de l’autre. Ou alors aucune. Là, c’était aucune. La séparation est venue d’un communiqué, d’une dépêche, d’un petit bleu aurait–on dit sous la 4ème. Elle déboula dans la soirée comme un chien dans un jeu de quille, un cheveu sur la soupe ou, je ne sais pas moi, un député socialiste à Neuilly. (...)