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Mais tout de même, nous sentions
bien qu’il y avait là matière à dissertation,
parce que, quelques jours plus tôt, une dépêche avait
attiré notre attention et qu’elle disait ceci que le réchauffement
de la planète faisait peser une menace sur les grands monuments
européens. Au nord, les pluies accrues risquent d'accentuer l'érosion
des vieilles pierres, tandis qu’au sud, la montée des températures
pourrait réduire à l'état de poussière des
monuments millénaires. Pas seulement le Parthénon ou les
cathédrales gothiques, par ailleurs. La Tour Eiffel aussi pourrait
ne pas résister à la corrosion. Aussi, à un moment,
notre causticité matutinale a-t-elle repris le dessus et nous
nous sommes demandé pourquoi il fallait à tout prix détruire
ce qui allait de toute façon disparaître ? La disparition,
elle a été au centre des discussions du Cites, cette convention
internationale sur la faune et la flore qui se réunissait à
La Haye. Cette conférence a décidé de restrictions
sur le commerce de l'ivoire, des anguilles et des poissons-scie entre
autres choses. La même semaine, l’Union européenne
décidait de se soucier du sort du cabillaud, de l’anguille
encore et du thon rouge. Il y a urgence pour la préservation
de ces espèces. Il faut en réduire la pêche et notamment
de ce thon rouge méditerranéen, très prisé
des shushis japonais. La préservation du thon rouge est devenue
une priorité européenne. Et c’est bien. Et tout
à coup, l’on se rappelle que les Africains naufragés
et sans papiers retrouvés l’autre semaine au large de Malte
étaient accrochés, exactement à cela, à
une cage à thons rouges. Ils n’ont vraiment pas eu de chance.
Car les sans papiers ne sont pas une espèce en voie de disparition,
c’est une espèce en voie d’extradition, ce qui n’est
pas tout à fait la même chose.
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