Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2007
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Mais tout de même, nous sentions bien qu’il y avait là matière à dissertation, parce que, quelques jours plus tôt, une dépêche avait attiré notre attention et qu’elle disait ceci que le réchauffement de la planète faisait peser une menace sur les grands monuments européens. Au nord, les pluies accrues risquent d'accentuer l'érosion des vieilles pierres, tandis qu’au sud, la montée des températures pourrait réduire à l'état de poussière des monuments millénaires. Pas seulement le Parthénon ou les cathédrales gothiques, par ailleurs. La Tour Eiffel aussi pourrait ne pas résister à la corrosion. Aussi, à un moment, notre causticité matutinale a-t-elle repris le dessus et nous nous sommes demandé pourquoi il fallait à tout prix détruire ce qui allait de toute façon disparaître ? La disparition, elle a été au centre des discussions du Cites, cette convention internationale sur la faune et la flore qui se réunissait à La Haye. Cette conférence a décidé de restrictions sur le commerce de l'ivoire, des anguilles et des poissons-scie entre autres choses. La même semaine, l’Union européenne décidait de se soucier du sort du cabillaud, de l’anguille encore et du thon rouge. Il y a urgence pour la préservation de ces espèces. Il faut en réduire la pêche et notamment de ce thon rouge méditerranéen, très prisé des shushis japonais. La préservation du thon rouge est devenue une priorité européenne. Et c’est bien. Et tout à coup, l’on se rappelle que les Africains naufragés et sans papiers retrouvés l’autre semaine au large de Malte étaient accrochés, exactement à cela, à une cage à thons rouges. Ils n’ont vraiment pas eu de chance. Car les sans papiers ne sont pas une espèce en voie de disparition, c’est une espèce en voie d’extradition, ce qui n’est pas tout à fait la même chose.