Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2007
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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On ne dira pas que la politique est triviale, elle est parfois dure, agressive, méchante, elle est parfois facile, lâche, indifférente, mais elle n’est jamais triviale. La politique est toujours tragique parce qu’il s’agit pour elle de travailler de la pâte humaine. Je veux dire : même si on la voulait triviale, elle serait toujours tragique parce qu’elle met en jeu et des rapports de force et des rapports d’hommes. On a trop souvent l’impression que la fonction camoufle les hommes, en politique, et qu’il y a d’abord un monde d’apparences qui occulte les ressorts intimes qui font que des hommes décident de se porter au-devant d’autres hommes. Alors, quand l’un d’entre eux tombe, on retrouve tout d’un coup les mots des simples gens, on dit « crise cardiaque », on dit « il avait deux enfants », on dit « 43 ans, c’est trop jeune ». Certains rappelleront son penchant pour l’excentrique, d’autres son sens de l’humour ou son goût pour la dérision. On rappellera aussi son père. On en sera revenu simplement à l’homme. Tout aura été dit, hier et aujourd’hui, du travail politique de Jacques Simonet, et ce n’est pas rien d’avoir été bourgmestre, parlementaire, ministre et ministre-président, mais ce qu’on a envie de dire c’est que le récitatif des fonctions et des honneurs ne suffira jamais à raconter des vies d’hommes.