| |
||||
| Ces
chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin
première" RTBF. Lien vers le site de la RTBF, pour écouter la chronique du jour. |
On ne dira pas que la politique
est triviale, elle est parfois dure, agressive, méchante, elle
est parfois facile, lâche, indifférente, mais elle n’est
jamais triviale. La politique est toujours tragique parce qu’il
s’agit pour elle de travailler de la pâte humaine. Je veux
dire : même si on la voulait triviale, elle serait toujours tragique
parce qu’elle met en jeu et des rapports de force et des rapports
d’hommes. On a trop souvent l’impression que la fonction
camoufle les hommes, en politique, et qu’il y a d’abord
un monde d’apparences qui occulte les ressorts intimes qui font
que des hommes décident de se porter au-devant d’autres
hommes. Alors, quand l’un d’entre eux tombe, on retrouve
tout d’un coup les mots des simples gens, on dit « crise
cardiaque », on dit « il avait deux enfants », on
dit « 43 ans, c’est trop jeune ». Certains rappelleront
son penchant pour l’excentrique, d’autres son sens de l’humour
ou son goût pour la dérision. On rappellera aussi son père.
On en sera revenu simplement à l’homme. Tout aura été
dit, hier et aujourd’hui, du travail politique de Jacques Simonet,
et ce n’est pas rien d’avoir été bourgmestre,
parlementaire, ministre et ministre-président, mais ce qu’on
a envie de dire c’est que le récitatif des fonctions et
des honneurs ne suffira jamais à raconter des vies d’hommes.
|
|||