Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2007
   


 
 

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En ce jour du mardi 12 juin 2007,
Chères électrices et électeurs, nous vivons dans un temps où les lignes bougent, où les centres de gravité se déplacent mais où les pas de côté sont bien difficiles à apprendre. Et dans cette curieuse chorégraphie politique, il y a aussi des mouvements plus invisibles qui nous auraient convoqués tous ensemble il y a encore quelques mois et que nous avons regardé passer sans les voir. Dimanche soir, je pense bien que le docteur Wynen se serait réjoui de l’amenuisement voire de l’effondrement de l’extrême droite chez les francophones de Belgique comme de France. Ce cancer, à la fin de sa vie, était devenu son combat. André Wynen, on l’avait récemment découvert résistant, combattant, interné : on l’avait mieux connu en négociateur madré défendant pied à pied les droits des médecins mais aussi, et on l’a plus oublié, ceux des malades. Le docteur Wynen, c’est resté pour tout le monde le président intraitable des Chambres syndicales, l’homme de la grève des médecins, l’adversaire des mutualités, le pourfendeur de la médecine de Leburton, dernier premier ministre wallon. C’est vers la fin de sa vie qu’il révéla un pan de son existence largement ignoré : sa participation à la résistance armée, son emprisonnement à Breendonk, sa déportation à Buchenwald. (...)