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chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin
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A l’Italie, il reste l’Albanie,
par exemple, ou alors la Côte d’Ivoire qui n’est pas
mal non plus. C’est peut-être d’ailleurs de Côte
d’Ivoire que venaient quelques-uns de ces clandestins naufragés
dont la photo occupait deux pages de journal, hier. C’est là,
Sophie, que l’on regrette que la radio n’ait pas l’image.
Cette image montre 27 émigrants accrochés à l’armature
métallique de ce qu’on appelle une cage à thons,
une ferme flottante où l’on élève des thons
rouges en pleine mer. Cette image est impitoyable. C’est l’envers
de la pêche miraculeuse. Ce sont des miraculés de la pêche,
sans doute mais on dirait surtout le radeau de la Méduse. Trois
jours, ils sont restés accrochés, les bateaux se détournant
d’eux. C’est que l’île la plus proche, qui est
un pays communautaire, Malte, oppose une fin de non-recevoir à
quelque clandestin que ce soit. Un capitaine généreux
qui avait recueilli d’autres de ces migrants en fait les frais
pour l’instant. Son navire est bloqué. Equipage et clandestins
sont à l’intérieur. On y manque de vêtements
et de nourriture. La mer, décidément, n’a plus de
lois. Et eux, les naufragés de la cage à thons que sont-ils
devenus ? Ils ont été hélitreuillés et ramenés
vers les côtes, par les airs. A l’arrivée, un patrouilleur
les a embarqués. Il était italien. Il les a emmenés
en Sicile. C’était ma chronique : il y a des ordures un
peu partout sur la planète et c’est vrai qu’il y
a aussi pas mal de gens très bien mais ce n’est pas encore
aujourd’hui, hélas, que le beau parviendra à compenser
l’immondice.
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