Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2007
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Mais non, il semble bien que ce que nous avons vu était réel mais n’était pas vrai. Mais il n’y a pas que cela : nous ne savons pas non plus qui a remporté celui de 1996 — était-ce Bjarne Riis ? — , de 1997 — était-ce Jan Ulrich — , de 1998,— était-ce Marco Pantani ? — et nous pourrions ainsi continuer jusqu’à nos jours tant il est vrai que toutes les victoires, depuis une quinzaine d’années, ont la couleur de la réalité, le goût de la réalité, l’odeur de la réalité, mais ne semblent pourtant pas plus vraies que, je ne sais pas moi, les armes de destruction massive en Irak… Bjarne Riis, ex-vainqueur du Tour en 1996 est le dernier à avoir avoué s’être dopé à l’EPO lors de son ex-victoire. Vous vous souvenez de Bjarne Riis, ce taureau danois, sorti de nulle part, inconnu avant d’être vêtu de jaune. La semaine dernière, reconnaissant s’être dopé, il a déclaré : « Mon maillot est dans le garage. Ils peuvent venir le reprendre. Je suis néanmoins fier de mes résultats même s’ils n’ont pas été acquis en toute honnêteté ». Quelle phrase ! Elle nous dit que le mensonge ne serait jamais qu’un moment de la vérité… Et la fraude, à tout prendre, le début de l’honnêteté… Car, comme le dit encore Bjarne Riis, ces pratiques délictueuses « faisaient partie de la vie quotidienne de l’époque »… Il faudrait donc comprendre que « le passé est le passé ». Voilà, simplement ça. Le passé, pourtant, passe son temps à nous dire qu’il n’est pas dépassé. On devrait commencer à le savoir… Toute ressemblance avec des événements existant ou ayant existé dans des villes ayant accueilli le Tour de France ne serait bien sûr qu’une pure coïncidence.