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chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin
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Mais voilà que dans les
lieux d’enfermement aussi, on s‘est demandé si la
structure était vraiment adaptée. C’est la raison
pour laquelle les gardiens sont partis en grève hier dans plusieurs
établissements du pays. Ils estiment qu’ils n’ont
ni les moyens ni la formation pour intervenir lorsqu’un détenu
devient violent et qu’ils ne supportent pas, lorsque la situation
tourne mal et qu’il y a mort d’homme comme cela a été
le cas, de s’en voir accuser. Médecins sans frontières
aussi se demande si la structure des centres fermés pour étrangers
est vraiment adaptée. Comme les Médecins sans frontières
sont médecins, ils se sont penchés sur la santé
de ces détenus. Comme les Médecins sans frontières
sont aussi sans frontières, ils l’ont fait chez nous, en
Belgique, pendant un an. Leurs conclusions sont terribles. Ils parlent
d’un coût humain « exorbitant » : ils veulent
dire que la santé des gens que l’on enferme dans ces centres
est mise en péril par leurs conditions de détention mêmes.
Ils posent sur les centres fermés un diagnostic sans concession
: c’est une expertise médicale, pas un mémorandum
militant. C’est pour cela qu’il est si terrible. Hier, la
ministre de la Justice a décidé d’intervenir dans
le conflit des gardiens de prison. Elle a promis des formations adaptées.
Pour les centres fermés, par contre, personne n’a rien
dit. Et personne n’a promis aucune sorte d’adaptation que
ce soit. C’est peut-être que dans le monde carcéral,
il y a le visible et l’invisible. Parce que s’il existe
heureusement des visiteurs de prison, on se demande bien s’il
ne faudrait pas inventer une nouvelle sorte d’observateurs : les
visiteurs de centres fermés.
« Ce monde hors du monde, échos d’une visiteuse de prison ». Editions Couleur Livres. |
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