Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2007
   


 
 

:

En ce jour du jeudi 24 mai 2007, J’ai un aveu à vous faire, Sophie, je viens de Charleroi. J’y suis même né dans une maternité aujourd’hui rasée, c’est vous dire que lorsque l’on prétend que je manque de repères, on ne se trompe pas. D’habitude, lorsque j’annonçais cela : « Je viens de Charleroi », je lisais un peu de commisération dans l’œil de mon interlocuteur. Aujourd’hui, c’est carrément de l’apitoiement. Et même un peu d’abattement. L’air devient entendu : « Ah, vous venez de Charleroi… ». Aussi, lorsqu’une nouvelle caisse noire apparaît à l’horizon de mon pays de Marsupilami, je redoute la journée à venir. Alors hier, qu’est-ce que j’ai été heureux de voir la nouvelle majorité faire bloc autour de son bourgmestre socialiste qui trouvait que ces histoires de comptes parallèles, tout compte fait, si j’ose dire, « cela avait toujours marché ainsi, dans un souci de bien faire ». Et puis, qu’est-ce que j’ai été content lorsque j’ai entendu que le dossier n’était pas à l’instruction mais à l’information. Vous ne pouvez pas comprendre, Sophie, mais pour nous qui, à Marchienne, dépassons pendant la moitié de l’année le seuil admissible de pollution en particules fines — 176 jours tout de même l’an dernier —, ces annonces nous font l’effet d’une cure dans les Alpes : nous respirons mieux. Mais bon, nous ne sommes toutefois pas naïfs, à Charleroi. Et nous savons que chez nous, il n’y a jamais de fumée sans feu : il suffit pour s’en convaincre de regarder les cheminées des usines… (...)