Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2007
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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L’ouverture Sarkozy permet même de terrasser un parti communiste déjà moribond en lui volant une de ses icônes, le jeune résistant Guy Môquet, fusillé à 17 ans, qui a laissé une fort belle lettre qui sera lue, c’est la première décision du nouveau Président, dans toutes les écoles à la rentrée scolaire. Guy Môquet fut arrêté pour avoir distribué des tracts et collé des papillons contre le nouveau gouvernement, en octobre 1940. Un an plus tard, il était fusillé en représailles à l’exécution d’un officier allemand. Guy Môquet était ce qu’on appelait un otage. Ce n’est pas une lettre qu’a envoyée l’otage Ingrid Betancourt mais un témoignage, par personne interposée. C’est un otage qui donne des nouvelles d’une autre otage. Lui, il se serait échappé dans des conditions dont on ne sait rien, il était détenu depuis 9 ans. Elle, elle serait vivante, elle est détenue depuis cinq ans et quatre mois. On a compris que les conditions de détention des milliers d’otages des jungles colombiennes étaient détestables. Enchaînés, déplacés, isolés, ils sont les séquestrés d’une idéologie malade. Ingrid Betancourt est leur symbole. Elle est accompagnée depuis son enlèvement d’un large mouvement de citoyens, composé de gens formidables, qui n’a jamais baissé la garde. Comme tous les mouvements de solidarité, il a dû apprendre à faire de la politique. Il se demande aujourd’hui comment soupeser cette nouvelle. Au soir de sa victoire, Nicolas Sarkozy, avait prononcé ces mots : « La France n’abandonnera pas Ingrid Betancourt ». Sans doute ne s’attendait-il pas à recevoir si rapidement de ses nouvelles. Il y a des mandats qui commencent avec le droit des femmes ou l’abolition de la peine de mort. On dirait bien que la présidence de Nicolas Sarkozy, elle — Guy Môquet ou Ingrid Betancourt — s’ouvre sous le sceau des otages.