Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2007
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Les murs, de temps en temps, disent des choses incompréhensibles. L’inscription est apparue dans la nuit du 7 au 8 mai. Ou alors, je ne m’en suis rendu compte que le 8 au matin, tandis qu’à la radio, Georges Lauwerijs parlait d’une autre plaque commémorative, celle que Guy Verhofstadt allait inaugurer quelques heures plus tard, en mémoire des Justes, au Mont des Arts, à Bruxelles. Quand il a dévoilé cette stèle, le Premier ministre a répété les excuses pour la participation de la Belgique à la déportation des juifs, comme il l’avait fait déjà à Malines et à Jérusalem. La veille, Guy Verhofstadt invitait officiellement Nicolas Sarkozy à rendre à notre pays une visite présidentielle. Ils n’ont pas la même vision de cette mémoire encombrante que le nouveau président français appelle « la repentance ». « Je veux en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi » a-t-il dit lors de son discours d’investiture. Quelques jours plus tôt, il avait précisé : « Si je suis président, je n’accepterai plus cette repentance systématique qui voudrait faire que les Français ont honte de leur histoire ». Là où Guy Verhofstadt s’excuse par trois fois, Nicolas Sarkozy refuse que l‘on fasse expier aux fils les fautes des pères, surtout s’ils ne les ont pas commises. Cela revient à poser la question de savoir de quoi nous sommes responsables même si nous n’en sommes pas coupables. Ou si l’on veut, de quels pères nous sommes les fils et de quels fils nous voulons être les pères. Devant le mur de la prison de Saint-Gilles, je cherche dans la liste des 35 noms des fusillés de qui le taggueur n’a pas pu être le petit-fils.