Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2007
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Il a donc fait parvenir une intéressante mise en garde à son personnel : "J'ai appris, dit-il, que beaucoup d'entre vous fréquentaient un site Internet sur lequel se tient une très active bourse aux paris sur le titre « démission de Paul Wolfowitz ». Ce n’est pas tant cela qui le gêne que le fait qu’on puisse y gagner de l’argent et spéculer, dans le sens strict du terme, sur son avenir, ce qui constitue, dit-il, « une violation claire de sa ligne de conduite anti-corruption ». Car, insiste-t-il, dans cette affaire, tout le monde n’est pas égal et les employés de la Banque bénéficient d’un avantage certain sur les autres joueurs : eux, ils ont accès à des informations de première main ! On n’est pas loin, là, du délit d’initié. Aussi bien, engage-t-il le personnel de la Banque mondiale à cesser cette activité, insistant sur le fait que son avertissement s’adresse également "à toutes les autres personnes proches – par exemple, les petites amies". On se rappellera ici que c’est une petite amie qui est à l’origine des ennuis de Paul Wolfowitz qui, pour avoir engagé une campagne anti-corruption, est accusé d’avoir franchi sa propre ligne jaune. On en a dit assez ces derniers jours sur Paul Wolfowitz et sur ses ennuis pour ne pas saluer l’artiste. Lorsque l’on parvient à se moquer de sa propre situation au dépens de ces contempteurs, — à corrupteur, corrupteurs et demi, à népotisme, népotisme et demi —, on mérite le coup de chapeau de l’observateur. Au nom de l’humour noir qui est l’élégance du désespoir, on promet de ne plus rien dire sur Paul Wolfowitz pendant au moins trois jours. Vous ne pensez pas que j’en suis capable, Sophie ? Vous pariez combien ?