Lautresite, le jour, les billets du mois d'avril 2007
   


 
 
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Et on voit bien qu’il y a, dans ces affaires tellement de faux-semblants, de dissimulations et de zones d’ombre qu’on se prend à féliciter la cour de cassation — que l’on avait pourtant gourmandée il y a quelques semaines à propos de sa pusillanimité dans le dossier Total Birmanie — pour l’arrêt rendu la semaine dernière dans ce procès-ci. Car, en cassant le jugement de 2006 en raison de la « non-impartialité » du magistrat détaché à cette affaire, la cour a reconnu entre les lignes qu’il y avait quelque chose de pourri au royaume de la séparation des pouvoirs. Car outre ce magistrat déjà impliqué dans ce dossier avant d’avoir à en juger et détaché tout exprès d’un autre tribunal pour le trancher en beauté, il y a encore des choses sous le boisseau : la fuite rocambolesque de Fehryie Erdal ; des juges suspectés d’avoir dissimulé des pièces ; un PV attestant d’une réunion au sommet de fonctionnaires visant à organiser l’arrestation de Kimyongur aux Pays-Bas la présence; une forte suspicion d’une volonté politique d’extrader en Turquie, via un pays tiers, un citoyen belge ; un dossier enfermé dans un coffre au Parlement faisant l’historique de l’affaire et totalement inaccessible au public… Cela fait beaucoup. On l’a déjà dit ici, il existe entre le secret d’Etat et l’Etat de droit comme une impossibilité de voisinage. L’un et l’autre ne peuvent pas manger à la même table. Car à la fin, l’un dévore l’autre, c’est imparable. Alors, il faudra bien que quelqu’un s’occupe de dire le « vrai » et le « juste » dans ces dossiers qui intéressent d’abord et avant tout les libertés publiques. Et de pointer, ici et là, les volontés et les responsabilités. Ce ne devrait pas être fort difficile. Il y a tellement de fil blanc dans cette affaire qu’on finira bien par retrouver la pelote.