Lautresite, le jour, les billets du mois d'avril 2007
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Il n’y a plus d’épopée, disait hier le chanteur et écrivain Yves Simon. Car personne, selon lui, n’a dit aux Français les mots — non pas ceux qu’ils attendaient — mais ceux qu’ils espéraient. Car il faut du verbe et de la grammaire pour créer un destin, et il faut savoir inventer le vocabulaire qui rendra possible l’envie commune qu’on aura de vivre demain, ensemble. Enfin bref, il faut savoir dire quelque chose qui fasse vibrer le peuple français qui, comme le rappelle Yves Simon est comme les lapins : il se prend par les oreilles. Marcel Pagnol, autre écrivain malin, disait quant à lui et plutôt justement : « Les gens ne sont jamais surpris que par ce qu’ils attendent ».
Attendons donc la surprise du premier tour. Une surprise ? Vous attendez que je prophétise ? Y aura-t-il une surprise le 22 avril au soir ? Bien entendu puisque dans l’état d’indécision où nous sommes rendus n’importe quel résultat sera une surprise. Même la situation la plus logique, un deuxième tour classique entre la droite et la gauche, ferait presque figure aujourd’hui d’événement. Aussi bien, dimanche, pour guetter les résultats, nous positionnerons-nous à nos frontières, du côté de Mouscron, à l’ancien poste de douane, à cet endroit nommé « Risquons-tout », qui sonne comme une invite ou un ordre mais qui est peut-être bien aussi le slogan dont a manqué la France et la direction qu’elle se refuse à prendre. Alors, Sophie, en ce vendredi 20 avril, bornons-nous à cela : à scander « Risquons tout » et n’ajoutons surtout rien car vous le savez comme moi, si un coup de dés jamais n’a aboli le hasard, une chronique non plus n’a jamais fait un pronostic.