Lautresite, le jour, les billets du mois d'avril 2007
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Il y a cette idée qui rampe comme quoi tout serait désormais joué au départ et que ce qui serait action humaine est vain. Qu’on ne peut pas réparer. Qu’on ne peut pas remettre en état. Qu’on ne peut donc pas intégrer, comme je le disais avant les vacances. Ce terme, « intégrer » qui veut justement dire « réparer, remettre en état ». On voit bien que quelque chose se joue là, entre les bénis et les bannis. Les bénis, ceux dont on dit du bien. Les bannis, ceux que l’on met au ban. D’après Nicolas Sarkozy, tout est donné génétiquement à la naissance. On naît et on est du côté du mal ou du côté du bien. On n’y peut rien et, d’ailleurs, personne n’y peut rien. Après, il suffit de séparer le bon grain de l’ivraie, ce qui est un travail de police. On garde ce qui est bon, on sanctionne ce qui est mauvais.
Il y a là un combat : celui de la nature contre la culture. Il y en a un autre : celui du fatal contre le social. Ce n’est pas l’homme qui fait quelque chose de sa vie, c’est la vie qui fait ce qu’elle veut des hommes. C’est cette idée qui préside chez Sarkozy qui n’est pas pour rien candidat, c’est-à-dire un candide, quelqu’un qui porte la robe éclatante de la pureté. Celui qui se lève contre le vice. Un candidat, c’est, littéralement, un chevalier blanc.
Un jour, un ancêtre politique de Nicolas Sarkozy que, contrairement à Blum ou Jaurès il ne cite jamais, a dit ceci : « La culture, c’est ce qui a fait de l'homme autre chose qu'un accident de l'univers ». Cet ancêtre, c’est André Malraux. Et ça, il l’a vraiment dit.