Lautresite, le jour, les billets de mars 2007
   


 
 
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Salazar, c’est près de cinquante années de nationalisme, de corporatisme et de colonialisme. Et ce serait cela, l’image d’un grand Homme pour des Européens ? Ce qui, dans toutes les langues du monde s’appelle un dictateur ? Vous allez me dire, ce n’est que de la télévision, ce n’est qu’un jeu, tout cela n’est que virtuel. C’est vrai, car après tout, qu’avons-nous à faire de ces votes électroniques, je vous le demande… Mais tout à coup, tout de même, on a eu l’impression d’un anachronisme : le sentiment que les temps se confondaient. Parce que voilà, cette élection portugaise nous ramenait, d’un côté, dans les années 70 où l’Europe était toujours l’Europe des neuf, sans la Grèce, le Portugal et l’Espagne, pays despotiques et, d’un autre côté, dans les années 30, quand l’Europe des dictatures, des nationalismes et des totalitarismes se construisait. Celle-là même contre laquelle s’est édifiée cette Union qui fêtait son demi-siècle, à Berlin, le 25 mars dernier. Et je ne suis pas sûr que le véritable événement de cette célébration ait été le discours constitutionnel d’Angela Merkel. Moi, je crois bien que c’était plutôt cela, que des Européens ont voté dimanche, même à la télévision, même virtuellement, pour un dictateur. On ne doute pas que dans la tête de José Manuel Durao Barroso, président portugais en titre de la Commission européenne, les choses aussi ont dû se bousculer.