Lautresite, le jour, les billets de mars 2007
   


 
 

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En ce jour du jeudi 22 mars 2007.
Puisque vous serez demain à Val Duchesse, Sophie, pour l’émission spéciale de Matin Première et que je n’y serai pas, je vais anticiper un peu, si vous le voulez bien et vous raconter mon histoire du Traité de Rome. Il s’appelle Albert Breuer, c’est un tout jeune fonctionnaire luxembourgeois, il travaille pour la Ceca, la Communauté européenne du charbon et de l'acier, vous savez bien, ce qui a précédé la CEE, la Communauté Economique Européenne. Nous sommes en mars 1957 et les négociations à Val Duchesse ont bien avancé. Les ronéos tournent à plein régime dans les caves. Hé oui, c’était encore cette époque où les photocopieuses n’existaient pas et où l’on travaillait au stencil. Le texte du Traité naît peu à peu. Mais il n’est pas terminé et puis, à chaque virgule qui change, il faut changer aussi le stencil, remplacer le mot, recommencer, bref, un travail de titan que l’on terminera à Rome, se dit-on. Albert Breuer est chargé de convoyer, de Luxembourg, un wagon belge, rempli du matériel indispensable pour que le Traité soit prêt à signer quelques jours plus tard, le 25 mars. Il y a tout, les ronéos, les premiers textes, les machines, le papier. Tout va bien jusqu’à Bâle. A Bâle, les douaniers suisses s’étonnent de ce wagon de marchandises, plombé, arrimé à un convoi de voyageurs. Ils le décrochent. Alfred Breuer le suit. (...)