Lautresite, le jour, les billets de mars 2007
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Nous serions une douzaine à posséder un ordinateur et 3 à être connectés à Internet. 43 d’entre nous n’auraient pas de salle de bain et 18 n’auraient pas l’eau courante. 13 de nos voisins auraient faim, 9 seraient malades. Seuls 50, parmi nous, auraient accès aux soins de santé. 33 habitants du village, dont 23 femmes, seraient en guerre. Nous nous partagerions comme ça : parmi nous, il y aurait 33 chrétiens, 18 musulmans, 14 hindous, 16 non-croyants, 6 bouddhistes et les 13 autres pratiqueraient d’autres rites. La bibliothèque du village ne serait accessible qu'à 24 personnes, les autres n’y auraient pas droit. Un seul d’entre nous irait au cinéma chaque semaine, et ce serait toujours la même. Bon, j’arrête là cette estimation, cette projection, cette illusion. Ces chiffres-là sont une fable. Il ne faut pas les croire. On s’amuse à jeter cela sur le papier, mais on sait évidemment que nous ne vivons pas dans un village, que nous sommes plus de cent et nous savons même que depuis le 9 mars dernier, nous avons franchi le cap des 6 milliards 600 millions d’habitants. Et que sur ces 6 milliards 600 millions, il y a 4 milliards de pauvres. Ça, ce sont des chiffres béton. Ils proviennent d’une étude de la Banque mondiale publiée avant-hier. Ces 4 milliards de pauvres vivent avec un revenu compris entre 75 centimes et 6 euros par jour. Mais attention, ces pauvres ensemble sont riches de 3.700 milliards d’euros. 4 milliards de pauvres c’est beaucoup mais 3.700 milliards d’euros, ce n’est pas mal non plus. La Banque mondiale voudrait attirer notre attention sur le fait que la pauvreté est désormais un marché à ne plus négliger. Peut-être bien veut-elle dire, une nouvelle force économique…Je voulais vous le signaler parce que, depuis que je sais que nous sommes 200 millions de francophones dans le monde, j’essaie de compter combien parmi nous sont pauvres.