Lautresite, le jour, les billets de mars 2007
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

Lien vers le site de la RTBF, pour écouter la chronique du jour.



C’est en fin de semaine dernière qu’on apprenait que Chiquita, multinationale américaine, avait avoué avoir payé, va-t-on dire salarié, à partir de 1997, des milices d’extrême droite afin de protéger ses plantations. Cela se passait en Colombie, pays du président Uribe, du cartel de Medellin, des Farc et d’Ingrid Betancourt. Ces milices paramilitaires, les Autodéfenses Unies de Colombie, avaient été recrutées par la filiale locale de Chiquita afin, dit-on, à Cincinnati, de « protéger les employés » contre les menées de la guérilla de gauche dans la région et surtout pour éviter à la firme de payer l’impôt révolutionnaire. En foi de quoi, les milices se sont rendues coupables de plusieurs milliers d’assassinats de civils, paysans et syndicalistes compris. Des milices par ailleurs considérées comme des associations terroristes, par Washington. Il y a quelques années, en 1999, Chiquita avait déjà été mise en cause pour les manières, disons brutales, qu’elle employait ordinairement pour produire la banane. Réagissant très vite, elle avait édicté un très long code de bonne conduite, avait souscrit à la charte de développement durable de l’ONG RainForest et l’avait fait savoir partout. En retour, elle avait obtenu, en 2004, le quitus de l’Organisation Internationale du Travail pour son respect des droits de l’homme et des droits sociaux. Tout cela, toute cette reconstruction d’image vient de s’effondrer d’un coup. Comme quoi, on peut être écologiquement correct et être un salaud politique. On appelle république bananière un pays apparemment démocratique mais régi par les intérêt privés et la prévarication. Une compagnie bananière, c’est la même chose. Mais à l’envers.