Lautresite, le jour, les billets de mars 2007
   


 
 
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Les infirmières le disent : leur « résident » était plutôt calme et elles ne sont pas sûres qu’il soit le seul à qui ce traitement ait jamais été réservé. Dans cette enquête menée par « La Libre-Match » à Vottem, il est question d’un responsable du service médical qui n’est pas médecin et d’un médecin, un vrai, qui prescrit par téléphone. Et aussi d’un directeur qui ne dément ni ne confirme mais qui dit : « je ne peux pas vous dire non c’est faux ou oui c’est vrai ». Et tout à coup, l’on se croit chez Soljenitsyne ou avec Sakharov, avec distribution générale de neuroleptiques pour ces grands malades que sont les schizophrènes oppositionnels qu’on appelait des dissidents, du temps de l’Union soviétique. Et l’on se dit que le rideau de fer ne s’est pas déchiré partout et que les grillages de Vottem sont finalement plus opaques encore qu’on le pensait. On n’y voit d’ailleurs pas non plus les enfants qui y sont enfermés. Pourtant, des mineurs, il y en a plus que jamais dans les centres fermés. 152 en 2004, 510 en 2005, 627 rien que pour les dix premiers mois de 2006. On ne sait pas si, à eux aussi, on donne de temps en temps une petite pilule ou une petite injection. Car voilà bien des gens exaspérants, les enfants… C’est évidemment le même jour que l’on apprend que la consommation de médicaments contenant des stupéfiants —comme les sédatifs ou les tranquillisants — explose littéralement, dans le monde. C’est l’organe international de contrôle des stupéfiants qui l’affirme dans un récent rapport. Son président dit aujourd’hui : « L’abus de médicaments délivrés sur ordonnance va bientôt dépasser la consommation de drogues illicites ». Le ministre de l’Intérieur, réagissant à cette affaire, dit « Il faut qu’on arrête de faire de l’intox dans la presse sur les centres fermés». C’est exactement ce que l’on demande : qu’on arrête d’intoxiquer.