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Il parlait précisément de ce coup de couteau de Binche, ce coup de couteau en plus, ce coup de couteau en trop. Il se disait qu’il y avait peut-être un lien entre des spots où la violence est mise en scène et la réalité d’une scène violente. En studio, une dame a défendu la profession publicitaire. Elle nous a conseillé de « prendre un peu de recul » et « de ne pas percevoir les choses au premier degré ». Elle nous a aussi mis en garde : « Ce n’est pas toujours facile en 30 secondes, de comprendre les choses. C’est pour ça qu’en radio, il faut de la répétition », a-t-elle dit. Hé bien, c’est ce que je vais faire, Sophie, je vais répéter. Je vais répéter les propos qu’a tenus le vice-président américain Dick Cheney, il y a seulement quelques mois, en octobre 2006, à un journaliste lui posant cette surprenante question : «Etes-vous d'accord qu'une trempette dans l'eau ne pose pas de problème de conscience si cela peut sauver des vies américaines ?»—auquel le vice-président fit cette réponse : « Ce n’est même pas la peine d’y réfléchir, ça a été un outil très important pour rendre le pays plus sûr ». Et c’est vrai, ce n’est même pas la peine d’y réfléchir, quel plus bel hommage pouvait-on rendre à la banalisation de la torture et au retour de la baignoire que de l’utiliser comme un argument publicitaire ? C’est du second degré ? Mais dans le registre de torture, on a aussi la brûlure au second degré, par exemple, qui n’est pas mal non plus. Allons, messieurs les publicitaires, laissons donc les baignoires à Batibouw, si vous le voulez bien. J’en ai vu de toutes les formes et de tous les genres ces jours-ci à la télévision. Des baignoires comme s’il en pleuvait. Juste au moment où on nous encourage à ne plus prendre que des douches pour économiser l’eau. Je me demande parfois si le monde n’est pas trop complexe pour le comprendre en 30 secondes. |
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