Lautresite, le jour, les billets de février 2007
   


 
 
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On ne sait pas trop bien à quoi peut servir, à l’entrée d’un restaurant qui est un lieu public, censé accueillir des convives et non les contrôler, cet appareil indiscret. Car, d’ordinaire, ce qui est contrôlé dans un restaurant, c’est la fraîcheur des aliments, le fonctionnement des frigos, la propreté des cuisines et les fiches du personnel. Ce n’est pas les clients. Evidemment, tout cela n’est pas très légal et, comme on dirait à la Commission de la protection de la vie privée, ce n’est pas très proportionné. Car un restaurateur n’a évidemment aucune raison ni aucune sorte d’autorité pour relever vos traces biométriques. Et il n’existe aucune sorte de légitimité, pour le secteur Horeca, d’instaurer ce genre de système paranoïaque. Et il nous vient à l’idée que si un restaurateur vire à la parano, le client peut le faire aussi. Et se dire qu’un type qui vous emprunte vos empreintes peut aussi vous piquer votre ADN sur votre fourchette ou bien mettre son nez dans votre carte bleue. Un restaurant, à bien y réfléchir, c’est un piège à vie privée. Pourtant, on fait confiance. Parce que la vie sociale suppose cette réciprocité. Et le mot hôte signifie tout autant celui qui accueille que celui qui est accueilli. A quoi a donc bien pu penser ce restaurateur en installant son capteur ? Peut-être estimait-il, en ces temps sécuritaires, répondre à une supposée attente du public ? Peut-être croyait-il se mettre simplement au diapason de ce qui se passe ailleurs dans la société, par exemple dans les écoles ? Ou peut-être entendait-il tout simplement être docile.