Lautresite, le jour, les billets de février 2007
   


 
 
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Tout cela se déroulant au mieux, les écoles décidèrent de formaliser leurs relations en rédigeant une convention de collaboration. Les malheureuses, que n’avaient-elles pas fait ! Faouzia Hariche, l’échevine de l’instruction publique de la Ville de Bruxelles dont dépendent les Beaux-Arts, refuse de signer cette convention au motif qu’une école officielle ne peut, selon elle, travailler avec une école libre. Les enseignants des Beaux-Arts, dans une belle lettre ouverte, signalent qu’il s’agit là d’un combat d’arrière garde, qu’il y a belle lurette que les professeurs de St Luc ou de l’Erg proviennent aussi de l’ULB et que leurs élèves à eux ont eu bien souvent un parcours en école libre. Bref, qu’il n’est pas question ici de ranimer les mânes d’une laïcité conquérante mais de faire place à la modestie d’un enseignement pluriel qui n’entend pas transmettre de certitudes mais des questionnements. En foi de quoi, l’équipe de professeurs des Beaux-Arts, en charge de ces formations a démissionné en bloc. Quel résultat, n’est-ce pas, pour un dialogue qui voulait s’ouvrir ! On croit rêver devant cette tartufferie dont mon pays de bonne humeur a le secret. Parce que, tout de même, elle ne semblait gêner personne, cette coopération, tant qu’elle restait officieuse. Et parce qu’aussi, on ne s’explique pas que le pluralisme, à Bruxelles, ne puisse être de mise dans l’enseignement, alors qu’il l’est pour la gestion d’une Ville dont le collège échevinal est composé du PS et…du CDH. Et parce qu’enfin, on n’a jamais vu, ici, l’avantage qu’il y avait à séparer plutôt qu’à rassembler. Ah, Madame Faouzia Hariche, je suis sûr que vous en conviendrez avec moi : qu’elles sont dures à naître, les sociétés multiculturelles !