Lautresite, le jour, les billets de février 2007
   


 
 
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Avez-vous remarqué, d’ailleurs, que s’il existe un seuil de pauvreté, il n’existe pas de seuil de richesse ? Pourtant, l’on se dit que seuil pour seuil, celui de la richesse nous intéresserait également. Mais non. Pour la fortune, ça n’existe pas, on n’a inventé ce seuil que pour la misère et avec le seuil de pauvreté, il n’y a pas trois solutions, soit on est en dessous, soit on est au-dessus. Etre en dessous, c’est avoir moins de 772 euros par mois. Etre au-dessus, c’est tout simplement être au-dessus. On ne met pas de barème à ce qui est supérieur. Tout ce que l’on peut calculer, c’est que ces 100.000.000 d’euros représentent 129.533 seuils de pauvreté mensuels ou 10.794 seuils de pauvreté annuels, mais je dis cela sans être sûr, je ne sais pas si un seuil de richesse représente deux fois, cent fois, mille fois ou dix mille fois un seuil de pauvreté. Là-dessus, les chiffres ne nous aident pas. Même les parachutes en or des grands patrons — en 2005, Daniel Bernard, Carrefour, 35 millions d’euros — nous sont de peu de soutien, dans ces cas-là. C’est pourquoi aucune sorte d’indicateur ne nous permet de qualifier et de quantifier ce que serait, par exemple, qu’être scandaleusement riche mais que nous pouvons très vite escompter ce que c’est qu’être insupportablement pauvre. Et voilà justement que l’on apprend qu’après l’euromillions, on parle désormais d’un lotto mondial. Vite, vite, inventons vite des superlatifs à « scandaleusement riche ». Pour « insupportablement pauvre », par contre, il n’y a pas besoin de chercher. Voilà une formule qui me semble en effet déjà largement mondialisée.