Lautresite, le jour, les billets de février 2007
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Tout le monde va dans la même direction. Mais de temps en temps, quelqu’un vient à contresens. Pour le directeur de l’institut Cousot, son agresseur est un conducteur fantôme. C’est une forte comparaison. Car elle nous dit beaucoup sur le risque. Précisément, on révélait hier les chiffres des conducteurs qui empruntent, volontairement ou non, les autoroutes à contresens. En 2005, 350 conducteurs fantômes ont été signalés — soit presque un par jour — un chiffre en baisse par rapport aux années précédentes. Mais tout de même, ces 350 conducteurs-là ont fait 6 morts. Tout un arsenal préventif et réactif est mis en place sur nos routes. Et pourtant, on n’arrive pas à éviter ces six morts-là. C’est peut-être que si l’on peut apprivoiser les risques, on ne peut jamais les dompter. Les risques sont comme les chats. On croit vivre pendant longtemps en bonne entente et, à un moment donné, l’on ne comprend pas leur coup de griffe. A l’école, l’on peut apprivoiser les risques en créant plus d’égalité dans l’enseignement, en instaurant un dialogue avec les parents, en remobilisant les professeurs, en revalorisant les enseignements professionnel ou technique, en renforçant l’encadrement et les compétences, par exemple. Mais on ne peut pas dompter les risques en transformant des sanctuaires en forteresses. C’est cela qu’il m’a semblé lire dans l’interview de Pierre Jacquet, dans Vers l’Avenir : qu’il fallait se réconcilier avec le risque, qu’il fallait bien le connaître pour savoir mieux le reconnaître. Et c’est cette histoire que je voulais vous raconter aujourd’hui. Je sais que je vous avais promis hier de vous raconter aujourd’hui quelque chose qui fasse rire, d’accord, ce n’est sans doute pas drôle, mais qu’est-ce que ça donne confiance en l’homme ! Et vous me connaissez, Nathalie, tout ce qui incite à l’optimisme dans notre monde postmoderne, je trouve cela jubilatoire !